LA PLAINE ÉTAIT BLEUE – Bruno Buffoli

Cie Anyone Else But You • Choix des textes, découpage et mise en scène • Bruno Buffoli • D’après : Les carnets de guerre du tonnelier Barthas, La Peur de Gabriel Chevalier, Le grand Troupeau de Jean Giono, Le feu d’Henri Barbusse et Orage d’acier d’Ernst Jünger.

« On croit mourir pour la patrie : on meurt pour des industriels. » Anatole France

À la déclaration de la guerre, le narrateur a 20 ans et partage les idées pacifiques de Jean Jaurès. Néanmoins, il ne tient pas à manquer ce qui estpour lui le plus extraordinaire spectacle du XXe siècle.

Mobilisé à Narbonne, il servira toute la durée du conflit, dans les secteurs les plus dangereux, les plus sinistres, les plus meurtriers du front : Notre-Dame-de-Lorette, Verdun, la Somme et le Chemin des Dames.

La mobilisation et les franches rigolades. Les rats, la boue, les corps et les poux, la gale et la dysenterie, les absurdités du commandement, les charniers,les mutineries ou tentatives de fraternisation, les attaques et bombardements, il note tout.

C’est le patriotisme comme idéologie suprême qui est en question ici. Ce joug sur l’échine de cette chair à canon. Patriotisme face à la peur de la mort, peur de la souffrance, peur de sa propre lâcheté. Lutte de classes, ambitions personnelles, personnalités exacerbées par cette affreuse boucherie donnent à voir une image de la France bien lointaine de celle véhiculée lors des commémorations organisées jusqu’alors. La mise en scène, dans une approche sensorielle originale, plonge le spectateur au coeur du récit.